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L'exécutif de l'ASSÉ démissionne en bloc ,les rats quittent le navire

  • 4 avr. 2015
  • 3 min de lecture

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Les membres de l'exécutif de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ont démissionné en bloc, samedi, quelques jours après avoir proposé un report controversé du mouvement de grève lancé par certaines associations étudiantes à l'automne prochain.

Selon différentes sources, les démissions de la totalité des élus, dont la porte-parole, Camille Godbout, devaient être effectives une quarantaine d'heures plus tard, dimanche, à la fin du congrès de l'association tenu à Valleyfield. Au terme d'un débat qui a suivi samedi, les militants présents ont toutefois préféré adopter une motion pour un départ immédiat afin de bien marquer leur désaccord avec l'exécutif sortant.

Personne à l'ASSÉ n'a voulu faire de commentaires, dimanche. L'association a indiqué qu'elle publierait un communiqué en fin de journée.

« Ils voulaient que le congrès se concentre vraiment sur la question du plan d'action, sur nos positions et nos revendications à venir plutôt que de faire un débat de personnalité sur l'exécutif », a confié une source qui assistait au congrès. Selon cette source, c'est le débat autour du report de la grève à l'automne prochain qui a « clairement été le déclencheur de tout ça ».

Un «repli stratégique»

Ces départs surviennent alors que l'ASSÉ est traversée de tensions entre une frange plus radicale - centrée autour de certaines associations de l'UQAM et des cégeps du centre-ville de Montréal - et une aile plus modérée. Les membres du comité exécutif étaient davantage identifiés à ce second pôle.

Dans un texte publié la semaine dernière, ils ont d'ailleurs proposé de mettre en veilleuse le débrayage jusqu'à l'automne prochain. L'objectif : suspendre une grève « menée majoritairement par des associations universitaires et pour la plupart montréalaises » pour profiter « d'une fenêtre historique » avec les négociations dans la fonction publique qui pourraient déboucher sur un conflit de travail au début de l'automne.

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«Si nous nous lançons dans une GGI [grève générale illimitée] ce printemps, notre grève aura été étudiante. Cela n'est pas mauvais en soi, bien évidemment. Par contre, si notre objectif aura été de faire grève en solidarité avec les travailleurs et travailleuses en négociations, nous aurons manqué le bateau.»

Extrait d'un texte publié par les membres de l'exécutif il y a quelques jours

La proposition s'est attirée de nombreuses critiques. En coulisses, plusieurs étudiants discutaient ces derniers jours de la possibilité de déposer une motion de destitution de l'exécutif au cours du congrès. D'autres penchaient plutôt pour une motion de blâme afin de s'assurer de conserver un comité fonctionnel pendant le mouvement de contestation.

La réflexion autour d'un « repli stratégique » a été la goutte de trop pour le comité Printemps 2015, qui s'identifie à la frange radicale.

« La parole du comité exécutif de l'ASSÉ serait la parole raisonnable et paternelle qui appellerait à l'évidence stratégique. [...] Selon cette parole "raisonnable", nous serions aujourd'hui en déficit de puissance pour faire grève », a réagi le Comité dans une lettre intitulée « L'ASSÉ ne fait pas le printemps », publiée en début de semaine.

«Avec cet appel raisonnable et paternaliste, l'exécutif de l'ASSÉ vient de saper sa légitimité.»

Extrait d'une lettre du comité Printemps 2015

Le Comité accuse l'exécutif de chercher à museler la base militante qui tend à « se dérober de sa mainmise » et remet en question la stratégie d'une mobilisation à l'automne qui profiterait surtout aux centrales syndicales.

Il promet de poursuivre la lutte en participant notamment à la grande marche contre les changements climatiques, le 11 avril, et à la manifestation du 1er mai à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs.

Brice Dansereau-Olivier, un des porte-parole du comité Printemps 2015, a refusé de commenter la décision de l'exécutif.

Les désaccords au sein de l'ASSÉ remontent à plusieurs semaines. Avant même le début du mouvement de grève, des désaccords sur la stratégie et le moment de la mobilisation émergeaient déjà dans les discussions entre militants.

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